dimanche 29 mai 2011

CHRONIQUES LYCEENNES, PRIX CHARLES CROS DE LA NOUVELLE CHANSON FRANCAISE ET FRANCOPHONE.

Les élèves de Première L ont remis leurs chroniques au jury du Prix Charles Cros. Sur 2000 chroniques reçues, il fallait en sélectionner 50.
Celle de Marie-Lorraine est consultable dans le supplément des Inrockuptibles n° 808 du 25 mai.

Voici sa chronique.


Pascal Lejeune: La Ballade du daltonien

Peut-on se comprendre si l'on ne parle pas le même langage? Pascal Lejeune ne donne pas la réponse mais nous interroge sur un petit air de far west aux accents québécois.
Avec sa voix chaude de « poor lonesome cow-boy », le chanteur nous interpelle sur le thème de la communication à travers des questions cocasses ( « Montes-tu quand tu descends? ») ou plus sérieuses (« Pourquoi t'es triste quand tu souris? »). Grâce à de nombreuses références à la nature (« Vois-tu la pluie quand c'est l'beau temps? ») et sur un rythme tranquille porté par des instruments insolites, cette chanson nous invite à une réflexion profonde mais sans inquiétude.
Alors, daltoniens en tous genres, à cheval: il est temps d'apprendre à se comprendre!

Le supplément des Inrockuptibles est disponible à cette adresse
http://www.chroniqueslyceennes.fr/

mercredi 4 mai 2011

Hubert-Félix Thiéfaine ou le bleu regard, - qui ne ment pas


Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,
De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.
C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !

Arthur Rimbaud, << Les Poètes de sept ans >>.

Hubert-Félix Thiéfaine et Lucas, son fils, ont pris la route, ce vendredi 22 avril direction La Malgrange, pour y rencontrer les élèves de Premières ES2 et les élèves de Premières Littéraires.

14 H 30 : sous le soleil lorrain les poignées de mains suffisent à établir le ton de la journée : Hubert-Félix Thiéfaine vient parler de son travail de chanteur, Lucas, lui-même élève de Première ES au Lycée Carnot de Dijon, est venu l’écouter.

14 H 40 : on prend le temps de boire un café, conversation improvisée sur le marché du disque, le plaisir déjà ancien du disque vinyl dont on découvrait les pochettes et les livrets avant d’en écouter le contenu, les souvenirs d’école, Jean Teulé et son magnifique << Ô Verlaine ! >>.

14 H 50 : la rencontre peut commencer, salle E01, les odeurs de craie et d’éponges mouillées rappellent à notre invité des souvenirs un peu douloureux, Lucas s’installe avec les élèves.


La présentation permet de définir le champ de l’entretien : la figure et le travail du poète.

Saint-Amant, Baudelaire, Verlaine, Nerval et quatre textes d’Hubert Félix Thiéfaine,
<< Scandale mélancolique >>, << Confessions d’un never been >>, << Le jeu de la folie >>, << Les Fleurs sauvages >> ont été lus et comparés, les questions sont prêtes, l’échange commence.

Hubert-Félix Thiéfaine se définit d’abord comme un chanteur, le terme de compositeur l’embarrasse, s’il écrit c’est pour chanter et s’il écrit c’est parce qu’il lit.

Ses références sont nombreuses, Baudelaire qui vivait de chambres en chambres parisiennes pour fuir les huissiers est le premier cité, il y en aura beaucoup d’autres; Arthur Rimbaud, Léo Ferré, Louis Aragon, les surréalistes ... des cinéastes aussi, Ingmar Bergmann, Robert Bresson qui vont chercher dans l’entre-deux et dans la pause l’essentiel de leur inspiration.

La prose l’intéresse moins, il y existe un calcul.
La poésie ? Il en aime la fulgurance.
L’inspiration ? Chacun se souviendra de l’anecdote des
<< Fastes de la solitude >>, 25 couplets dans un rêve, le 2ème était le bon, au réveil, un crayon à la main.
Des feuilles disposées sur une table, feuilles sur lesquelles il avait inscrit ces mots : tentation du bonheur / bonheur de la tentation.
Le titre de l’album sera :
Le bonheur de la tentation

Le regard bleu de notre invité s’embrase on embarque sur le navire de Thésée, direction Sounion, rocher sur lequel Lord Byron a gravé son nom ...

On passe Rue de la Lanterne, Gérard de Nerval y a pendu son linge ... On évoque l’Irlande et ses tankers ... Arthur Guiness.

Hubert-Félix Thiéfaine ne perd pas le fil, il revient sur le texte de Saint-Amant, il le cite et le commente, son écriture l’intéresse, elle est pleine de dérision, son sens de l’image lui convient bien.

C’est qu’avant de venir à La Malgrange, suprême élégance, il a pris le temps de relire les textes que nous lui avions proposés.

Les bras de notre invité se décroisent, on le sent à l’aise, les élèves posent leurs questions, ils écoutent ses réponses, précises et profondes. Hubert-Félix Thiéfaine maîtrise l’oxymore et le paradoxe, c’est peut-être là qu’il trouve l’équilibre parfait et sur scène aussi où il retrouve le plaisir de regarder son public à qui il fait fête, chaque soir de tournée, dix centimètres au-dessus du sol !


16 H 50 : sonnerie, les vacances sont là, aucun des élèves ne manifeste l’envie de quitter la salle.
La journée était placée sous le signe de l’élégance partagée.

Alors, Chaussant ses lunettes aux montures << de vent >>, Hubert-Félix Thiéfaine prend le temps de lire un extrait d’un essai de Fabrice Midal intitulé << Pourquoi la poésie ? >>.
Il cite :
<< La parole poétique ignore la << communication >>, l’impératif de transmettre des informations et de produire du sens. Elle ne cherche pas à être habile ... >>.


19 H 00 : Hubert-Félix Thiéfaine et Lucas s’en vont pour la Région Franc-Comtoise après nous avoir accordé encore de leur temps, l’élégance, toujours ... histoire de partager des souvenirs de lectures, nombreux.

Image : le coupé noir quitte le parc.
Musique : Calexico.
Générique : les points de suspension de Louis Ferdinand ...

mardi 3 mai 2011

Accueil,

Didier Daeninckx, le 16 janvier 2011, à La Malgrange.

"Les disciplines dites "littéraires" fondent ainsi la citoyenneté dans sa pleine assomption".
(Rapport sur les mesures pour revaloriser la série littéraire au Lycée, Inspection Générale de l'Education Nationale, juillet 2006.)

 "L'art (...) ne peut se concevoir pour les élèves sans expérience du << faire >> et sans contact avec l'artiste, l'homme de métier, comme corps << étranger >> à l'école, comme élément heureusement perturbateur de son système de valeurs."
(Alain Bergala, L'hypothèse cinéma, 2006, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma.)

Dans le cadre de projets culturels, en lien avec des séquences d'enseignement, la Malgrange propose aux classes de collège et de lycée des échanges avec des acteurs du monde culturel.

Voici le carnet de bord de nos rencontres et de nos sorties culturelles depuis mai 2005.