lundi 25 mai 2015

DIMONÉ et NEVCHÉ à la rencontre des élèves de Première L et de Première ES2 : copains d'abord !



L'affaire était entendue dès le mois de décembre; Frédéric NEVCHÉHIRLIAN et Dominique TERRIEU viendraient rendre visite aux élèves de la classe de Première ES et de la classe de Première L, dans le cadre des CHRONIQUES LYCÉENNES 2014 / 2015.
 Sans détours, ils ont dit oui à notre invitation puis ils sont venus pour clore cette année consacrée une fois tous les 15 jours à l'écriture de chroniques, musicales !

12H45 : gare TGV Lorraine, voie 3, les voilà sur le quai, ils sont arrivés tous les deux par le même train, la rencontre croisée avait déjà commencé entre Marne la Vallée et Nancy.

DIMONÉ est venu de Montpellier, NEVCHÉ de Marseille.
Dans leur dos, une guitare, dans leurs mots  cet accent qui tient du Sud, celui de Nino Ferrer, de Léo Ferré et de Boby Lapointe, voix ferrées !

 On se salue puis direction le Lycée.

Sur la route on évoque le travail des élèves sur les textes des deux derniers albums Venise, Soignons nos rêves, Un homme libre (Dimoné, Bien Hommé mal Femmé), Marseille, Sur le parking, Vas-tu freiner ? (Nevché, Rétroviseur).
Les deux complices partagent leurs derniers souvenirs de tournées, échangent sur l'actualité, en hommes libres. Les propos sont précis et très informés, Nevché et Dimoné sont à l'écoute du monde.

13H30 : on déjeune au lycée, dans la conversation on sent l'effervescence, l'avidité d'en savoir toujours plus pour se connaître, pour rendre la rencontre simple et naturelle.

14H30 : salle A101, on s'installe devant les élèves.
 Une élève de Première Littéraire présente la manière dont la classe a préparé la rencontre (étude des pochettes des albums, visionnage des clips, écoute des chansons, lecture et construction des textes, parcours de nos invités, les structures qu'ils ont crées (coopérative INTERNEXTERNE pour Nevché et label ESTAMPE pour Dimoné (on n'oublie pas qu'une démarche artistique a besoin d'une structure pour se faire connaître du public).

Les questions sont prêtes, l'entretien peut commencer, il portera en grande partie sur la démarche d'écriture de nos invités.

Écriture parfois instinctive, d'un bloc pour Nevché quand il chante a cappella (Dans le stade qui n'était pas destiné à être une chanson et qui figure sur son premier album). En revanche, l'écriture est plus difficile pour les textes resserrés : il rappelle qu'il faut une « tension forte » entre le texte et la musique, il ajoutera qu'il « écrit pour se dépasser ».

Quelques perles nées de cette tension et de ce dépassement ;

"Aux premières lueurs languides
 aux premiers signaux du temps
 aux semis qui décident et choquent
 de la longueur des épis du printemps
 et des jupes candides qui nous ennuient
 qu'ont-ils à rire comme des fous
 tous ces soleils saouls au bord de mer ?"
 Soleils saouls, Nevché, Rétroviseur.


Dimoné, de son côté passe du temps à se « libérer des contraintes », à les détourner, il dira que « le jeu de l'écriture est là », qu' « écrire c'est comme questionner un totem ». Dominique a le sens de la formule et propose là un beau sujet de dissertation.


"Les puits sur les places sont des bondes qui trônent
 des baignoires  vidées envisagées
 pour des purges périodiques laissant le pavé décapé par l'eau saumâtre
 passagers de la lagune qui toussent sous les clochers en répit
 annonçant en rafales brouillonnes aux attardés
 le rendez-vous pour leur salut c'est nous ? C'est nous !
 Venise, Dimoné, Bien hommé mal Femmé.

D'ailleurs, l'Afrique n'est pas loin, elle « pousse un peu de sa corne ! », Dimoné et Nevché  évoqueront leur séjour en Mauritanie, au Sénégal et au Congo. C'est là que leur musique a pris une autre dimension, au-delà de la chanson française « guindée ».
La composition, l'inspiration et notamment l'attachement de nos invités à leur ville : Marseille (ville femme) Montpellier (qui se défend d' être Manhattan) prendront leur place dans une discussion au cours de laquelle chacun a pu trouver sa place, elle se prolongera jusqu'à 17H, et sera ponctuée de la lecture de quelques textes de nos invités par les élèves (Venise, Marseille, Soleils saouls).


16H45 : embarquement immédiat :
fraternellement, Nevché confie sa guitare à son complice Dimoné pour une interprétation de Venise, puis ce sera à son tour d'interpréter Marseille et un couplet ...
qui ne figure pas sur le livret de son dernier album.
On se quitte mais pas tristement, plutôt dans un grand éclat de rire.


Ce mardi 19 mai, "le soleil a brillé … pour tout le monde" et les "fondamentaux ..." aussi !
"On éteint ... " Non ! On se souvient !


Mai 2015,
texte : M. André,
photos : M. Caillavet.












dimanche 24 mai 2015

Emmanuel Darley, metteur en scène s'entretient avec les élèves de Première ES2 et de Première L.

Emmanuel Darley.

Le mercredi 20 mai, au théâtre de la Manufacture, les élèves de Première ES2 et de Première L ont assisté à la représentation de la pièce écrite et mise en scène par Emmanuel Darley, Elvis Polyptique au cours de laquelle le spectateur revisite le parcours d'Elvis Presley.
La création pose entre autres la question de l'identité d'un personnage idolâtré et hanté par l'absence d'un frère.
La mise en scène est conçue comme un ensemble de panneaux articulés qui retracent le parcours de cette figure incontournable du blues et du rock.
Le lendemain du spectacle, Emmanuel Darley est venu à la rencontre des élèves, à la Malgrange. Il a répondu à leurs questions essentiellement liées à ses intentions de mise en scène et à son travail de dramaturge.
L'entretien a également porté sur le parcours de notre invité, ce passionné de musique rock et de cinéma est aussi romancier.
Concentré sur l'écoute des questions, précis et efficace dans ses réponses, Emanuel Darley a généreusement complété le travail engagé en classe sur un objet d'étude préparant à l'épreuve de français du Baccalauréat intitulé Théâtre et représentation.





dimanche 10 mai 2015

Sophie Avon avec les élèves de Première ES2 et de Première L autour de son roman : Dire adieu.

Sophie Avon.
C'est dans le cadre d'un objet d'étude consacré au personnage de roman que Sophie Avon, écrivain, journaliste et critique de cinéma (France Inter, Le Masque et la Plume, Canal Plus, Le Cercle) est venue à la rencontre des élèves.
Cette fois-ci, elle s'est entretenue non pas de cinéma (voir le blog.cinéma du lycée) comme en 2013 mais de son travail d'auteure.

Des questions précises.

Des réponses enthousiastes.

Après qu'ils aient lu et analysé son dernier roman, Dire adieu, l'entretien a permis aux élèves de poser des questions sur les intentions de sa démarche, sur les conditions de la création d'un récit, sur la manière dont un écrivain construit une héroine de roman à partir d'un personnage réel. Dire adieu est en effet l'hommage d'une fille à sa mère, celle de Sophie Avon.

L'entretien s'est prolongé dans la soirée à la librairie La Taverne du Livre à Nancy avec le public.
A cette occasion, les élèves avaient rédigé des courtes chroniques qu'ils ont présentées à leur invité, en voici quelques-unes.

Dire adieu, Mercure de France, 2014.

Écrire pour dire Adieu

La mort, c’est la certitude que l’on ne se reverra plus. Pourtant, Sophie Avon a du mal à faire son deuil, à accepter de départ de sa mère. Une femme malade et malheureuse en proie à une envahissante dépression. Un intrigant paradoxe avec la personnalité de la mère. Vivante, soignée et constamment en mouvement, son esprit vit pourtant en marge d’une société en laquelle elle ne croit plus. Sophie qui, enfant, écoutait sa mère pleurer avec compassion, a fini par perdre patience. Adulte, elle a compris que sa mère ne serait plus jamais heureuse. Ses appels dont devenus mécaniques, ses visites irrégulières. Et puis quelques fois, la mère et la fille se retrouvent, partagent, rient, comme des soeurs. Dans son roman intitulé Dire Adieu,
Sophie Avon évoque sa mère vraie et sans artifice. Elle en fait sa propre héroïne romanesque.

Puis arrive la maladie, les rôles s’inversent. Sophie prend soin de sa mère comme d’un bijou fragile. Elle prend conscience de son importance, de son besoin d’être à ses côtés, du temps perdu. Une mort attendue et libératrice pour la mère, qui bouleverse la fille.
C’est ainsi que Sophie prend sa plume et rédige un dernier Adieu. Faisant la démonstration d’un amour inépuisable, elle rend un dernier hommage à celle à qui elle en a tant voulu, mais aussi à celle à qui elle doit tout. Un récit tout en sincérité.

Alice.

Dire adieu pour dire bonjour
Dire adieu pour dire bonjour c’est comme dire que je te hais pour te prouver que tu es la seule que j’ai autant aimée. C’est cette relation paradoxale, les rôles qui s’échangent, l’amour qu’on porte à une mère, et la confusion des émotions que Sophie Avon nous décrit. Elle couche des fragments de vie, des ébauches de sentiments sur le papier. Elle transpose les souvenirs qui lui restent.
Je comprends « Dire adieu » comme l’acceptation d’une rupture. C’est la force des mots. C’est cette manière de sortir ses peines, ses rires, ses déceptions et ses incompréhensions sans jamais plonger dans le pathos.
On se construit à travers sa mère et son absence détruit. Mais comme l’a dit Marcel Proust : « Quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »
.
Dire Adieu est un hommage bouleversant. Il est l’expression d’une souffrance bien déguisée, sous des phrases à l’allure légère.
Prudence.